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2012-2020

Il a dit :

Le chat est un animal égoïste et passionné. Il est parfaitement bien peint dans M. de Buffon ; mais je voudrais savoir pourquoi son cri frappe plus directement le cœur que le cri des animaux domestiques qui semblent toucher de plus près l'homme.", écrivait Louis Sébastien Mercier dans Mon bonnet de nuit en 1784.

Cette allusion à Buffon – bien présent dans Les chats de noble compagnie – nous conduit à quelques remarques. Les lieux communs de l'auteur de l'Histoire naturelle ont été à juste titre dénoncés, tant il est vrai que le lieu commun se substitue trop souvent à l'opinon personnelle fondée sur l'examen des faits. On a imputé la vision négative du chat chez Buffon à son souci éditorial de complaire au lecteur de l'époque, parti pris peu scientifique… Mais la célébrité et l'autorité de Buffon ne sont pas mal acquises pour autant.

Sonnini de Manoncour (1751-1812) – dont nous évoquons la chatte blanche et l'amour qu'il lui vouait – a été un fervent défenseur de la conception naturaliste portée par Buffon. C'est lui qui a fait imprimer l'Histoire naturelle en 127 volumes en ajoutant toutes les matières que Buffon n'avait pas eu le temps de traiter…


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Quid de l'abbé Pluche ?      

Son Spectacle de la nature, ou entretiens sur les particularités de l'histoire naturelle qui ont paru les plus propres à rendre les jeunes gens curieux et leur former l'esprit fut le plus grand succès littéraire du XVIIIe siècle (publication en 8 tomes et 9 volumes échelonnés de 1732 à 1750).

Voici un extrait de ces entretiens naturalistes entre un prieur, un chevalier et une comtesse :
"Que ne prenez-vous le chat ? Il est de si bon service : il est plaisant dans ses jeux. Vous auriez cent choses à en dire, et bien des applications à faire sur son minois hypocrite, sur cette patte si douce, et pourtant armée de griffes, sur ses ruses, ses détours, et son allure éternellement tortueuse : il y aurait bien là de quoi exercer votre style.", s'écrie la comtesse lorsqu'on propose de disserter sur l'âne…"

On pourrait croire que seuls les femmes et les enfants s'occupent d'animaux domestiques. Il n'en est rien, même si les auteurs associent femmes et bêtes et notamment femmes et chats avec les connotations que l'on sait. Dans les Les chats de noble compagnie, nous avons fait la part belle à des maîtres masculins

 

Histoire naturelle : Discours sur la nature des oiseaux  


Le mot Nature a dans notre langue & dans la plupart desimage
autres idiomes anciens & modernes, deux acceptions très différentes :
l'une suppose un sens actif & général ; lorsqu'on nomme
la Nature purement & simplement, on en fait une espèce d'être
idéal, auquel on a coutume de rapporter, comme cause, tous les
effets constants, tous les phénomènes de l'Univers ; l'autre acception
ne présente qu'un sens passif & particulier, en sorte que lorsqu'on
parle de la nature de l'homme, de celle des animaux, de celle
des oiseaux, ce mot signifie, ou plutôt indique & comprend
dans sa signification la quantité totale, la somme des qualités dont
la Nature, prise dans la première acception, a doué l'homme, les animaux, les oiseaux, &c. Ainsi la Nature active, en produisant les êtres, leur imprime un caractère particulier qui fait leur nature propre & passive, de laquelle dérive ce qu'on appelle leur naturel, leur instinct & toutes leurs autres habitudes & facultés naturelles.
Nous avons déjà traité de la nature de l'homme & de celle des animaux quadrupèdes, la nature des oiseaux demande des considérations particulières & quoiqu'à certains égards elle nous soit moins connue que celle des quadrupèdes, nous tâcherons néanmoins d'en saisir les principaux attributs, & de la présenter sous son véritable aspect, c'est-à-dire avec les traits caractéristiques généraux qui la constituent.
Le sentiment ou plutôt la faculté de sentir, l'instinct qui n'est que le résultat de cette faculté, & le naturel qui n'est que l'exercice habituel de l'instinct guidé & même produit par le sentiment, ne sont pas, à beaucoup près, les mêmes dans les différents êtres ; ces qualités intérieures dépendent de l'organisation en général &, en particulier de celle des sens, & elles sont relatives, non seulement à leur plus ou moins grand degré de perfection, mais encore à l'ordre de supériorité que met entre les sens ce degré de perfection ou d'imperfection. Dans l'homme où tout doit être jugement & raison, le sens du toucher est plus parfait que dans l'animal où il y a moins de jugement que de sentiment, & au contraire l'odorat est plus parfait dans l'animal que dans l'homme, parce que le toucher c'est le sens de la connaissance, & que l'odorat ne peut être que celui du sentiment. Mais comme peu de gens distinguent nettement les nuances qui séparent les idées & et les sensations, la connaissance & le sentiment, la raison & l'instinct, nous mettrons à part ce que nous appelons chez nous, raisonnement, discernement, jugement, & nous nous bornerons à comparer les différents produits du simple sentiment, & à rechercher les causes de la diversité de l'instinct qui, quoique varié à l'infini dans le nombre immense des espèces d'animaux qui tous en sont pourvus, paraît néanmoins être plus constant, plus uniforme, plus régulier, moins capricieux, moins sujet à l'erreur que ne l'est la raison dans la seule espèce qui croit la posséder.

En comparant les sens qui sont les premières puissances motrices de l'instinct dans tous les animaux, nous trouverons d'abord que le sens de la vue est plus étendu, plus vif, plus net & plus distinct dans les oiseaux en général que dans les quadrupèdes ; je dis en général, parce qu'il paraît y avoir des exceptions des oiseaux qui, comme les hiboux, voient moins qu'aucun des quadrupèdes : mais c'est un effet particulier que nous examinerons à part, d'autant que si ces oiseaux voient mal pendant le jour, ils voient très bien pendant la nuit, & que ce n'est que par un excès de sensibilité dans l'organe, qu'ils cessent de voir à une grande lumière ; cela même vient à l'appui de notre assertion, car la perfection d'un sens dépend principalement du degré de sa sensibilité & ce qui prouve qu'en effet l'oeil est plus parfait dans l'oiseau, c'est que la Nature l'a travaillé davantage.
Un épervier voit d'en haut, & de vingt fois plus loin une alouette sur une motte de terre, qu'un homme ou un chien ne peuvent l'apercevoir. Un milan qui s'élève à une hauteur si grande que nous le perdons de vue, voit de là les petits lézards, les mulots, les oiseaux, & choisit ceux sur lesquels il veut fondre, & cette plus grande étendue dans le sens de la vue, est accompagnée d'une netteté, d'une précision tout aussi grandes, parce que l'organe étant en même temps très souple & très sensible, l'œil se renfle ou s'aplatit, se couvre ou se découvre, se rétrécit ou s'élargit, & prend aisément, promptement & alternativement toutes les formes nécessaires pour agir & voir parfaitement à toutes les lumières & à toutes les distances.

 

 

Théophile Gautier Président Hénault Offray de La Mettrie Madame Helvétius chevalier de Bonnard Ces dames du XVIIIe Emile Zola

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2008-2016

125x125 banner 2 a écrit :

L'homme consomme, engloutit lui seul plus de chair que tous les animaux ensemble n'en dévorent ; il est donc le plus grand destructeur, et c'est plus par abus que par nécessité.

Histoire naturelle (1749-1789), De la nourriture de l'Homme et des Animaux

 

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