Le chevalier de Bonnard (1744-1784)
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Merci à Jean-Claude Sosnowski qui, durant l'été 2007, a réalisé une très belle exposition La vie et les oeuvres poétiques du chevalier de Bonnard
à partir des collections patrimoniales de la
Bibliothèque municipale qu'il dirige.

Voir l'affiche

 

Photo Yolande G. (14 avril 2007) Semur-en-Auxois

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Poète, militaire, pédagogue humaniste
 

Cette page est le vestige du site inauguré en 2003, plusieurs fois rénové (merci à ceux qui en ont suivi l'évolution) qui avait pour but de faire connaître Bernard de Bonnard, un Semurois des Lumières, poète galant, sous-gouverneur des princes d'Orléans.
Après les conférences du 14 avril 2007 où les Semurois et la Société des sciences historiques et naturelles avaient fait le meilleur accueil au chevalier, le site s'était considérablement enrichi grâce à une contribution semuroise, mais ayant choisi de mettre en ligne de larges extraits de La vie du chevalier de Bonnard ou Le bonheur de la raison sur le site de l'Harmattan, il ne nous paraît plus pertinent de continuer à gérer un site spécifique…

Le chevalier de Bonnard qui espère ne pas être à nouveau trop vite oublié n'attend que de nouveaux amis et de nouvelles plumes…

Les textes des conférences de Dominique Julia et de moi-même sont publiés dans le tome CXV (2007) du Bulletin de la Société des sciences historiques et naturelles de Semur-en-Auxois et des fouilles d'Alésia.

 
Un livre paru en 2005
Le chevalier de Bonnard est entré dans le dictionnaire Le Monde Maçonnique des Lumières, paru en juillet 2013

Ce livre est fondé sur la lecture de la correspondance et du journal intime du chevalier. Il retrace un destin singulier, avec en arrière-plan, la société d'Ancien Régime vivant ses dernières décennies…
Bernard de Bonnard comptait nombre d'amis véritables parmi les militaires, les francs-maçons, ses compatriotes bourguignons, etc. Et sans s'être jamais laissé aller à la flagornerie, il bénéficia de l'estime et de la protection d'hommes illustres.
Sa profession de foi tenait en ces mots :

Je suis un franc et loyal courtisan de l'Amitié…

Aimé des femmes, le "favori des Muses" pratiquait l'art de plaire sans l'avoir appris ou cultivé. Mais sa route croisa celle de Madame de Genlis – pour le meilleur et pour le pire… Et un terrible fléau qui mit prématurément fin à ses jours…

Remerciements
Je remercie les personnes qui avaient pris un peu de leur temps pour s'exprimer sur la page "Commentaires" du service Swisstools, mais celle-ci disparaissant avec le site, je ne peux conserver que quelques références :

Merci à Salwa Bensassi pour son long article qui témoigne d'une lecture attentive et pertinente.
Voir Etudes Jean-Jacques Rousseau, n° 16, pp. 456-57, 2007.

Cette solide biographie nous restitue le portrait d'un personnage attachant, brillant, cultivé, sensible, honnête et sincère... Un personnage du temps des Lumières vivant dans les dernières décennies de la société d'Ancien Régime... Un petit noble de province, sans argent et sans terre ( Je n'avais d'autre propriété, d'autre bien que mon nom et ce nom n'était pas grand chose. Comme on ne peut pas trouver à redire qu'un homme porte le nom de sa terre et que je n'en avais point, je m'en fis une de mon nom ; je me laissai appeler de Bonnard au lieu de Bonnard tout court. Ce de annonce l'opulence ou la naissance ; il faut l'avoir pour vivre comme tout le monde.).
Au fil des pages, nous suivons le chevalier à travers les différents épisodes de sa courte existence : la vie familiale et les gestes du quotidien (il se nettoie les dents et les gencives avec du tabac), la scolarité, la carrière militaire dans l'artillerie, les expériences poétiques et littéraires, la charge de sous-gouverneur des enfants du duc de Chartres et la disgrâce qui s'ensuit, puis enfin les tournées d'inspection en Normandie en qualité de maître de camp au service du duc d'Harcourt.
Esprit si peu courtisan mais qui pratique largement l'amitié, en homme éclairé, Bonnard s'informe de son temps et porte un regard lucide et intéressé sur la société qui ferme l'accès des grades militaires aux jeunes gens issus des nouvelles familles nobles...).
Les généalogistes seront particulièrement sensibles au contexte familial de notre personnage : sa passion juvénile contrariée pour sa jeune cousine, sa gestion de l'héritage de sa tante, sa correspondance avec sa belle-soeur, ses relations avec ses deux frères, sa piété filiale et son témoignage poignant lors de son recueillement sur la tombe de ses parents trop tôt disparus, l'éducation de son filleul, l'arrangement de son mariage avec sa cadette de plus de vingt ans et son rôle de père notamment lors des soins apportés à son fils atteint de la petite vérole.
Thierry Sabot qui s'est dit dans un autre commentaire "très touché par la personnalité du chevalier... et sa trop courte existence", et que l'on peut retrouver sur son site Histoire-Généalogie, la vie et la mémoire des hommes

Grâce à l'auteur, j'ai pu pleinement apprécier la personnalité du chevalier de Bonnard. Il est vrai que la Bourgogne du 18ème siècle a été riche en personnalités des Arts, des Sciences et des Lettres, dignes d'être redécouverts. Pour la Société des Sciences de Semur, dont je suis membre, je termine une étude sur Guéneau de Montbeillard, autre Semurois injustement tombé pratiquement dans l'oubli.
En tout cas, bravo pour cet ouvrage! […]
Nicolas Soldatenkoff (Membre correspondant de l'Académie des Sciences et des Arts de Saint-Pétersbourg.)

Le Chevalier de Bonnard gagne à être connu ou plutôt à être re -connu. Grâce à vous, qui le connaissez mieux que personne, il est sorti de l'ombre. Vous avez, avec talent, mis en lumière la valeur et les qualités de cet "homme de bien" qui mérite que le 21e siècle le redécouvre.
Annick Carré

Citons un extrait de la lettre qui m'a été adressée par Sylvain Menant, directeur du CELLF des 17e et 18e siècles à la Sorbonne : […] Je vous félicite et je vous remercie de l'usage que vous avez fait du fonds d'archives inexploitées enfin disponible. Votre livre apporte beaucoup aux études sur la société du XVIIIe siècle, sur le milieu des d'Orléans, mais aussi, ce qui m'intéresse au premier chef, sur les sources d'inspiration et la carrière d'hommes de lettres d'un auteur dont les vers sont encore familiers aux lecteurs cultivés du XIXe siècle, et présents dans toutes les anthologies. Les éléments que vous mettez avec clarté et talent à notre disposition […]

Un peu de poésie, donc…
Quelques poèmes, spontanés ou de commande, figurent en annexe de mon ouvrage. En voici d'autres (inédits), adressés aux amis et aux relations…

À M. le comte de B. (1)

D’une tranquille indifférence,
La raison souvent doit s’armer ;
Il faut voir avec patience
Ce que l’on ne peut réformer.
Le Temps rapide qui sans cesse
À grands pas s’éloigne de nous,
Emporte hélas ! avec vitesse
Nos plaisirs si courts et si doux.
Dans sa course toujours nouvelle,
Loin d’être jamais arrêté,
La triste voix qui le rappelle
Augmente sa vélocité.

Il est trop vrai : nous finissons
Presqu’au moment qui nous voit naître,
Entre les jeux et les chansons.
À peine hélas ! nous commençons la volupté d’être :
La raison vient nous apparaître,
L’ennui la suit, nous vieillissons.
Mais il est toujours pour le sage
Des fleurs en toutes les saisons,
Et le plaisir a plus d’un âge.
Quand vous jouissiez autrefois
Du beau talent d’être volage,
Avoir deux femmes, souvent trois,
N’était pour vous qu’un badinage.
Vous en aimiez auprès des rois,
À Paris et même au Village,
Les trompant toutes à la fois.
Vos désirs satisfaits sans cesse
Renaissaient pour se varier :
Chaque jour nouvelle maîtresse,
Chaque jour nouveau créancier.
Pour vous guérir de cette ivresse
Qu’il n’est pas aisé d’oublier,
Un vieux oncle en mourant vous laisse
Château, terres et mobilier.
Je sais ce que vous allez faire :
D’abord calculer et payer,
Changer, bâtir, jeter par terre,
Comme le doit un héritier :
Puis au lieu de la pruderie,
De l’imposante gravité
Qui toujours conte et nous ennuie
Des vieux faits de sa vanité,
Dans votre séjour enchanté
Unir en bonne compagnie
Les bons mots, la douce gaîté,
À la jeunesse, à la folie,
Et surtout à la liberté.
Comte, entre nous, si quelque belle
Voulait vous aimer tendrement,
Ne pouvant plus être inconstant,
Vous feriez bien d’être fidèle.
On revient de l’ambition ;
De chimères longtemps avide,
À rire de l’illusion
Notre esprit enfin se décide ;
Tout ce qu’on nomme passion
Dans le coeur ne laisse qu’un vide ;
L’amitié seule le remplit ;
Du sage elle entend la prière,
Vient régir son âme, y survit
À la vanité mensongère,
Et ne garde dans son réduit
Qu’un peu de place pour son frère.

(1) Il s'agit du comte de Bissy. Claude Thiard, lieutenant général, gouverneur du Languedoc, gouverneur du Palais des Tuileries, de la ville et du château d'Auxonne, né en 1721, mort en 1810, membre de l'académie française en 1750.

Pour d'autres poèmes :

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Poèmes lus le 14 avril 2007 au théâtre de Semur-en-Auxois :

CLIC

Correspondance
Quelques lettres figurent en annexe du livre. Voici trois autres textes inédits dont une vraie curiosité : un billet du célèbre docteur Tronchin rassurant son patient…

Lettre de Bonnard : A Monsieur de C.…

J'ai reçu ta lettre trop cérémonieuse, mon cher C...., et je l'ai lue avec plaisir, car tu m' apprends que tu m'aimes encore. Je t'y réponds sur le champ et sans cérémonie, et sur le ton de notre ancienne amitié, qui ne doit pas changer. Te voilà donc de retour après avoir connu le monde ! Tant mieux ! Il fait presque toujours bon d'être revenu.
Cher C...., qu'il te souvienne
De ces deux pigeons amoureux
Dont parle La Fontaine.
L'un d'eux, un peu trop curieux,
Voulut courir la prétentaine,
Voir mœurs, pays, faits singuliers,
Pour rapporter en ses foyers
De quoi jaser une semaine.
Par son frère il fut averti
Qu'il avait tort ; mais la jeunesse
Peut-elle écouter la sagesse ?
Adieu ! Bonsoir ! Il est parti.
Battu des vents et de l'orage,
Souffrant et la soif et la faim,
Bientôt, aux dangers du chemin,
Il reconnut ceux du voyage.
Morne, las, recru, harassé,
Poursuivi, tremblant et blessé,
Ayant des maux et de la peine
Tout ce qu'on peut essuyer,
En volant d'une aile incertaine,
Il regagne son colombier.
Cette histoire et presque la tienne.
Mais dis-nous au moins avec cette franchise si naïve, si aimable, si bonne en amitié que je t'ai connue autrefois, et que tu n'as jamais sans doute perdue :
Tes voyages lointains ont-ils mûri ta tête ?
En as-tu rapporté quelques grains de bon sens ?
Cet agile vieillard que jamais rien n'arrête,
Tout en comptant nos jours, a marché vingt-sept ans :
Qui de nous sait, ami, le sort qu'il nous apprête ?
Ton esprit et le mien sont encore des enfants.
Craignons pourtant, craignons la vengeance du temps,
Il nous fera bientôt sentir ses outrages ;
Bientôt de ses doigts malfaisants
Il va sillonner nos visages.
Plaignons-nous l'un et l'autre, et tâchons d'être sages.
Adieu, douces erreurs du matin de nos jours !
L'ennuyeuse raison vient chasser les amours.
Puisqu'il le faut, hélas ! armons-nous de courage ;
Sachons pour le bonheur faire un meilleur usage
De ces ans que nous amassons.
J'aime à penser qu'il est des plaisirs pour tout âge,
Comme l'on voit des fleurs pour toutes les saisons.

Me pardonneras-tu ce guet-apens, mon cher ami ? C'est de la belle et bonne morale que je t'envoie-là ; je l'ai pourtant habillée en rimes pour qu'elle t'effrayât moins. Viens nous voir, et je t'en donnerai en prose sans que tu t'en offenses. Depuis que j'ai passé vingt-cinq ans, je deviens raisonneur, et n'en suis pas plus raisonnable. Nous serons à deux de jeu. Arrive, j'ai dans ma chaumière une cellule pour l'amitié ; il me tarde de la voir occupée par toi. Adieu. Tout ce qui t'a aimé, t'aime et t'aimera…

Le docteur Tronchin au chevalier
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Les Archives nationales n'ont acquis les papiers Bonnard qu'en 1974, ce qui explique la longue obscurité dans laquelle est resté le chevalier de Bonnard…


– 352 AP/1 à 352 AP/38, Mémoires et souvenirs du chevalier de Bonnard, gouverneur des princes d’Orléans de 1778 à 1781, comptes et papiers personnels, journal, correspondance reçue.
– 352 AP/39 à 352 AP/44, Madame de Bonnard, née Sophie Silvestre. Papiers Silvestre. Maurice, Jean de Bonnard, capitaine d’artillerie, frère du chevalier. Bernard de Bonnard.
– 352 AP/45, Famille alliée : lettres adressées à M. de Bertrix, capitaine au régiment de la Sarre à La Rochelle, par divers correspondants (classement alphabétique).

Voici un extrait de lettre de Bonnard à sa femme,
du château d'Harcourt, en 1782, alors qu'il est au service du duc…
La mauvaise qualité de la photocopie explique celle de cette reproduction, mais cela est lisible. Beaucoup de lettres sont rédigées sur un feuillet plié en deux…

 

 Divers

Le blason du chevalier

blason
© Musée départemental Dobrée à Nantes


Textes numérisés en ligne : la correspondance de Buffon
A propos de Bonnard, son protégé : C'est un très bon sujet et je serai charmé d'avoir contribué à son avancement…


Pour un lien éventuel : <!-- Début du code -->" target="_blank"><img src="http://sga12.pagesperso-orange.fr/bonnard.html/DOC/logobonnard" width="88" height="31" border=0 alt="Le chevalier de Bonnard"></a>
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ce qui donne :

 


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BIBLIOGRAPHIE

LE CHEVALIER DE BONNARD

La vie du chevalier de Bonnard

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Photo été 2010

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24, rue des Ecoles, 75005

 

La Mettrie (1709-1751)

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