image… à propos de La Mettrie

Ni biographie proprement dite – bien que le parcours d’une vie soit chronologiquement retracé –  ni vraie analyse des positions philosophiques de La Mettrie cet ouvrage propose pourtant un intéressant éclairage sur une figure controversée des Lumières. Figure emblématique aussi que celle de ce Breton destiné aux ordres, comme tant d’hommes de son temps, qui bifurque vers la médecine et finit par embrasser la philosophie. Peu désireux de rejoindre la troupe des « croyants mercenaires », La Mettrie choisit en effet celle des « tâteurs de pouls » dont il deviendra un représentant important : il fallait, écrit-il, « quitter l’obscur pour le clair ». On ne saurait mieux dire en ce début de 18e siècle. L’auteur rappelle utilement cette carrière médicale et les enjeux qui la traversent alors, notamment le conflit en légitimité opposant médecins et chirurgiens. L’élève du grand Boerhaave, dont la traduction le lance dans la carrière des lettres, se fait en effet connaître comme intervenant dans ce débat et s’acquiert vite une sulfureuse réputation d’iconoclaste. Cette branche du savoir qu’est l’anatomie  avec la pratique corollaire obligatoire que constitue la dissection  influence assurément son appréhension du monde en le convaincant du fondamental clivage de la physique et de la métaphysique. On voit par son cas combien les sciences empiriques d’alors encouragèrent le matérialisme philosophique, dont témoigne bien sûr l’Homme machine, puis plus tard l’Anti-Sénèque et l’Art de jouir, d’inspiration épicurienne et libertine.

Exemplaire, l’itinéraire de La Mettrie l’est aussi par l’exil hollandais qu’il crut bon, prudemment de s’infliger, avant d’être accueilli à la cour de Frédéric II, qu’honorent déjà de leur présence Voltaire et Maupertuis, son compatriote malouin. Le premier disait curieusement de ce subversif fils d’Hippocrate qu’il était « un homme trop gai », tant son goût du bonheur semblait voyant, même en ce siècle qui le théorise et le promeut. Sa mort à Berlin après un dîner trop copieux a fait s’interroger quelque peu : empoisonnement par un pâté frelaté ou assassinat ? Si la seconde version semble improbable aux yeux de l’auteur, il est certain que les inimitiés, et même les haines  comme celle, inattendue, de Diderot  envers cet irrévérencieux radical n’ont fait que croître au fil des années. Le mot de la fin peut néanmoins être laissé à un admirateur, Casanova qui écrivait de lui : « Ce n’est pas étonnant que La Mettrie n’eût admis que la matière, car tout l’esprit qui pouvait exister, c’était lui qui le possédait. »

Anne Richardot, Etudes critiquesDix-huitième siècle", 2009

Simone Gougeaud-Arnaudeau, qui s'est spécialisée dans l'étude du XVIIIème siècle, se penche dans cet ouvrage synthétique sur une des figures les plus importantes du matérialisme des Lumières, Julien Offray de La Mettrie, déjà remis récemment à l'honneur dans le volume 4 de la "Contre-histoire de la philosophie d'Onfray" (1). Ici, c'est à une biographie développée que nous convie l'auteure. Elle se fait un malin plaisir de citer des considérations effrayées sur son personnage en contrepoint, contredisant au passage certaines accusations intéressées. On découvre ainsi un fils de la bourgeoisie de Saint-Malo, orienté d'abord vers les ordres et finalement devenu médecin. Au vu de l'intitulé de la collection, qui se penche sur les rapports entre philosophie et médecine, il est compréhensible que des précisions soient apportées quant à la formation médicale de La Mettrie, praticien apparemment doué, caractérisé par « l'amour de l'expérience » et « l'habitude de l'autopsie » (p. 43).

Jean-Guillaume Lanuque, note de lecture du n° 6 de la revue "Dissidences"

Esprit es-tu là ?

   "Si on analyse l'homme comme une machine, on méconnaît sa nature. C'est un être affectif, il a des idéaux ; et on ne peut pas expliquer tous ses comportements par les gènes, par les lois de la matière. Avec une philosophie étroitement matérialiste, on rate l'objet qu'on veut étudier…"
   Cette déclaration récente de Paul Valadier, membre de la Compagnie de Jésus et directeur de la revue "Etudes" nous amène à considérer un aspect fondamental du problème cerveau-comportement et, plus particulièrement, comportement de l'homme. Philosophie étroitement matérialiste : s'il ne s'agit pas d'une simple formule, si le matérialiste n'est pas étroit comme le recueillement est profond et les salutations distinguées, cela signifie qu'il peut exister une philosophie matérialiste qui ne rate pas l'étude de l'homme.
   Une telle affirmation ne peut laisser un matérialiste indifférent d'autant que cette philosophie existe, c'est celle de La Mettrie qui, après s'être extasié sur la merveilleuse et délicate organisation du cerveau poursuit :"Si l'organisation est un mérite, et le premer mérite, et la source de tous les autres, l'instruction est le second. Le cerveau le mieux construit, sans elle, le serait en pure perte, comme sans l'usage du monde, l'homme le mieux fait ne serait qu'un paysan grossier". Et plus loin, un rien provocateur, La Mettrie ajoute, après avoir montré la diversité des possibilités humaines : "Malgré toutes ces prérogatives de l'homme sur les animaux c'est lui faire honneur que de le ranger dans la même classe. Il est vrai que, jusqu'à un certain âge, il est plus animal qu'eux, parce qu'il apporte moins d'instinct en naissant.
   "Quel est l'animal qui mourrait de faim au milieu d'une rivière de lait ? L'homme seul… il ne connaît ni les aliments qui lui sont propres, ni l'eau qui peut le noyer, ni le feu qui peut le réduire en poudre…
   La nature nous avait donc faits pour être au-dessous des animaux ou du moins pour faire par là-même mieux éclater les prodiges de l'éducation, qui seule nous tire du niveau et nous élève au-dessus d'eux".

Helvétius insistera encore plus sur le rôle de l'éducation : "L'éducation peut tout", mieux : "L'éducation nous fait ce que nous sommes". On voit par là qu'on pouvait être très "culturaliste" au siècle de l'homme-machine et combien sont peu fondées certaines critiques spiritualistes – ou marxistes – du 18e siècle. Il y a peu à redire au discours de La Mettrie – replacé dans la culture de l'époque. Il a parfaitement compris que, si tout passe par le cerveau, le cerveau ne développe ses potentialités que dans le dialogue incessant avec le milieu, milieu physique et milieu culturel. Il aborde même le cas des enfants sauvages, "qui ont été élevés dans les bois avec les bêtes". Evocation pertinente car les circonstances réalisent là une expérience riche d'enseignements. Ce problème a fait à notre époque l'objet de diverses études et l'on connaît bien (un film de Truffaut y a contribué) les difficultés de l'humanisation de tels êtres. On connaît moins une contre-expérience particulièrement démonstrative concernant cette petite fille guayaquil qui, si elle avait grandi dans la forêt paraguayenne, n'aurait connu ni la poterie, ni les métaux et aurait subsisté essentiellement en recherchant le miel des abeilles sauvages. Elevée au Pérou par la mère de l'ethnologue qui l'avait recueillie à l'âge de deux ans environ, elle est aujourd'hui docteur en anthropologie et parle plusieurs langues. Comme le dit Helvétius, l'éducation peut, sinon tout – car la chance a été de recueillir un enfant riche de possibilités, "au cerveau bien organisé" – du moins elle peut beaucoup.

Yves Galifret, professeur de psychophysiologie
(Extrait de "Esprit, es-tu là ?", 12 pages, Raison présente, 4ème trim. 1985, n° 76.), citation avec la permission de l'auteur…

Quelques réflexions sur "La Mettrie et le matérialisme clinique"

En premier lieu, je dois dire que je suis parfaitement en accord avec cette phrase de votre Prologue :
« Sa vocation philosophique est née avec la certitude que l’âme, ainsi que l’on nomme les fonctions psychiques  croît avec le corps et disparaît avec lui. »
J’y souscris pleinement, tout en me disant que le cœur et le subconscient voudraient que l’on ait la Foi, mais la raison s’y oppose. Ceci dit, quoique peu attaché à la religion, je suis profondément attaché à la civilisation chrétienne à laquelle toutes nos racines nous lient.
J’ai noté que son maître et ami Hunault était membre de la ‘Royal Society’, c’est un discret clin d’œil.
Faut-il un certain don pour devenir médecin ? Je ne sais pas, je pense que oui, si l’on entend par ‘don’ avoir certaines qualités morales, j’ai l’impression que les jeunes étudiants envisagent la médecine, comme un ‘business’ parmi d’autres, ce qu’elle n’est pas.
Cet espèce de‘don’, bien différent des dons artistiques, est ce que l’on peut appeler le ’sens clinique’. A coup sûr les grands cliniciens du XIX° siècle et du début du XXe l’avaient, et ils savaient l’inculquer à leurs élèves.
Quand j’étais jeune externe en médecine, on était responsable de 5 ou 6 malades et l’on devait rédiger une ‘observation’ essentiellement ‘clinique’, en se servant de la parole, pour faire un interrogatoire, et ensuite des yeux, des oreilles pour ausculter, et des mains pour palper et percuter, et seulement à la fin de l’observation on consignait les résultats des examens complémentaires ; radio, biologie etc…
A coup sûr, les médecins d’aujourd’hui ont oublié cette science de l’examen et se contentent de prescrire de très coûteux examens complémentaires, dont la liste s’allonge de jours en jours. Il faut dire à leur décharge qu’ils subissent une énorme pression de la part du public qui est très friand de scanner, d’IRM et autres échographies. [… Ici, l'auteur témoigne de sa pratique personnelle]
Bref, pour revenir à La Mettrie, je pense que la médecine s’est progressivement sortie des sentiers battus et des théories infondées pour aller vers une médecine plus scientifique, vouée à l’observation de faits concrets résultant de l’observation.
Et La Mettrie – qui m’est de plus en plus sympathique – de conclure en écrivant qu'il faut désormais en découdre avec l’ignorance, les préjugés et les mensonges.
Il fallut pour cela une réforme de l’enseignement qui fut effectuée à la fin  du XVIIIe siècle par Vicq d’Azir et le baron Corvisart, (médecin de l’Empereur) insistant sur la mise en pratique de certains principes défendus par l’étranger, en particulier Boerhaave que vous citez abondamment. Et qui reposent sur une observation clinique soigneuse confirmée par une éventuelle vérification anatomique.
Il y a eu au XIXe siècle une foule de grands bonshommes qui mirent comme on dit ‘la médecine sur orbite’ (Corvisart, Degenette, Broussais, Laennec, et bien d’autres qui prirent une longueur d’avance dans la connaissance des maladies, sans pour autant guérir les gens, faute de moyens thérapeutiques adaptés. Tout a vraiment changé avec l’apparition de l’ère pasteurienne et la connaissance de la transmission des maladies infectieuses et corollairement l’apprentissage de l’asepsie et de l’antisepsie.

Les chirurgiens, furent longtemps à la traîne si l’on excepte, le prestigieux Félix de Tassy qui opéra avec succès Louis XIV de sa fistule anale. Mais dans l’ensemble il n’y eut aucun progrès de la chirurgie, ni sur le plan pratique, ni sur le plan théorique en l’absence d’anesthésie (Le chloroforme ne fut connu qu’au milieu du XIXe siècle et permit d’endormir la reine Victoria pour ses accouchements), et d’une connaissance de l’asepsie et de la réanimation.
A un demi-siècle de distance, les chirurgiens militaires du Second Empire ne feront pas mieux (cf ‘La Débâcle de Zola) que leurs prédécesseurs du premier Empire comme Larrey. Idem en 14/18, où une blessure au ventre était pratiquement un arrêt de mort.
La Mettrie ne parle pas des accoucheurs, tout simplement parce que cette spécialité n’existait pas à l’époque. Il n’y avait que des matrones qui devinrent au fil des temps des sages-femmes dont la plus prestigieuse d’entre elles avait pour nom Madame de La Chapelle. Mais l’Obstétrique, malgré des praticiens prestigieux au XIXe siècle, qui commencèrent à s’y intéresser, fit du sur place en dépit de l’introduction du chloroforme.
Il fallut attendre la fin du XIXe pour que des progrès déterminants fussent faits avec, là encore, la banalisation de l’asepsie et de l’antisepsie (A titre d’exemple, Semmelweis, accoucheur de la maternité de Vienne) fit baisser de 50% la mortalité en suites de couches, uniquement par l’introduction de simples mesures d’hygiène. Les femmes mouraient alors de ce que l’on appelait la fièvre puerpérale, d’où la réticence des femmes de l’époque  à aller accoucher à l’hôpital, source de toutes les contaminations.
Puis vint ensuite ce que l’on a appelé la ‘conduite du travail’ et la banalisation de la césarienne. Laquelle banalisation fut beaucoup plus tardive ; ne se développant pratiquement que  dans la seconde moitié du XXe siècle.
Un petit mot anecdotique concernant la chirurgie. Il n’y a pas en France ce que l’on pourrait appeler d’Ecole de chirurgie où l’on apprendrait, comme dans un cours, l’appendicectomie ou l’hystérectomie.
L’apprentissage de la chirurgie est essentiellement un compagnonnage où le patron, en se faisant aider par son interne où son chef de clinique, leur apprend la technique opératoire. Puis, quand ils sont rodés, c’est à lui de les aider pour les guider dans leurs premiers pas et apprécier leur compétences, avant de les laisser un jour opérer seuls, tout en sachant qu’ils peuvent toujours appeler en cas de problèmes. D’où l’intérêt fondamental d’avoir un bon patron ! 
Pour terminer, et pour sortir de la Médecine, j’ai apprécié l’affirmation de votre héros quand il écrit : ‘L’âme, n’est qu’un vain terme… pour nommer ce qui pense en nous.’
Il fait donc fi de la triade Corps/Esprit/Ame
Ce raccourci me plaît et j’y adhère. On n'a rien à faire dans un hypothétique cosmos et il n’y a pas de bonheur éternel.
L’ennui quand on professe cela, c’est que cela empêche de rêver.    
Merci de m’avoir fait connaître ce livre.

Merci à Jean-Philippe Haudebourg, romancier, dont vous pouvez découvrir le dernier opus en cliquant ICI

Extrait de lettre

[ …] Ayant plus spécifiquement étudié les oeuvres philosophiques de La Mettrie, et en particulier son rôle de précurseur pour ce que nous appelons aujourd'hui la sexologie, voire la théorie sexuelle freudienne (la question des remords), ce fut un grand plaisir de découvrir la querelle à laquelle "Le Chirurgien converti" appartient, de même que l'ère médicale de l'époque. Aussi, la toile biographique que vous tracez tout au long du livre est, à ma connaissance, la plus complète qu'il nous soit aujourd'hui possible de rencontrer. Les références sont "béton" et j'admire qu'enfin une auteure nous fasse voir l'un des aspects qui ait, semble-t-il, le plus dérangé ses ennemis, je parle de sa gaieté de coeur et de son enthousiasme naturel. Mon propre sentiment me porte à croire que La Mettrie devait bénéficier d'une nature particulièrement expressive, si heureuse et expansive que plusieurs qui l'entouraient alors, davantage portés au "consensus social" et aux préjugés qu'il implique, pouvaient certainement ou lui envier, ou lui reprocher. Sinon, je m'explique très mal la réaction de philosophes tels que Diderot et sa bande.

Remarquez qu'ils ont réservé exactement le même sort à Rousseau qui, si l'on en croit ses propres Confessions, était lui aussi doté d'une nature expansive particulièrement intense. Je ne veux pas dire que La Mettrie et Rousseau se ressemblaient, loin de là mon intention! Mais la façon dont ils ont été mis au ban par les Diderot, les Voltaire, etc., permet de supposer que les deux à leur façon, La Mettrie et Rousseau, ont eu l'effet sur ces messieurs d'un agacement qui dépassait les bornes, et qu'il convenait d'étouffer et de refouler de l'Histoire. Malgré la paranoïa que l'on prête à Rousseau, lorsque celui-ci s'interroge sérieusement si l'avenir pourra le connaître tel qu'il était, tant la cabale des philosophes actuels tente de le rayer ou de le salir, il me rappelle bien entendu La Mettrie, qui semblait se poser ce genre de questions aussi […]

Olivier Côté

Voici une citation de Wilhelm Reich (1897-1957) sur La Mettrie, proposée et traduite par Olivier Côté. Elle provient d'un texte, The Emotional Plague, qui a été inséré à la fin du livre de l'auteur, Character Analysis.

C'est là un problème important car la peste émotionnelle a réussi encore et encore, à l'aide de telles rumeurs, à ravager des accomplissements honnêtes et importants. La lutte contre la peste émotionnelle est donc une nécessité sociale, puisque celle-ci cause plus de dommages que des milliers de canons. Voir, par exemple, la façon dont Friedrich Lange présente les diffamations dont le scientifique naturaliste pionnier du dix-huitième siècle, La Mettrie, aura été la victime. Dans son grand ouvrage, "Histoire Naturelle de l'Âme", La Mettrie avait clairement compris les relations essentielles entre la perception et les stimuli physiologiques, tout comme il avait correctement deviné et décrit les liens entre le problème corps-âme et le processus sexuel biologique. C'en était trop au goût des Philistins, dont le nombre excédait de beaucoup celui des chercheurs honnêtes et courageux, alors ils répandirent le bruit que La Mettrie avait pu en arriver à ses idées seulement parce qu'il était un « libertin ». Ainsi la rumeur voulant que La Mettrie, en vrai voluptueux, serait mort d'avoir trop goulûment mangé d'un pâté, passa sans peine à la postérité. Évidemment, tout cela relève du non-sens médical. Encore pire, il s'agit d'un exemple typique de calomnie pestiférée qui, lorsqu'elle tombe entre les mains d'organismes inaptes au plaisir, devient une réaction spécifique de la peste émotionnelle passant à la postérité pour diffamer un nom respectable. Nous connaissons trop bien le rôle catastrophique que tiennent ce genre de réactions pestiférées dans la vie sociale.

L'original :

The matter is important because the emotional plague has succeeded again and again, by means of such rumors, in crushing honest and important accomplishments. The fight against the emotional plague is socially necessary, for it causes more damage in this world than “ten thousands canons.” Read, for example, Friedrich Lange’s account of the defamations to which the pioneer natural scientist of the eighteenth century, de la Mettrie, was subjected by the emotional plague. In his great work "Histoire Naturelle de l’Ame", de la Mettrie clearly grasped the essential relations between perception and physiological stimuli and correctly divined and described the connection between the body-soul problem and the biological sexual process. This was too much for the Philistines, who far outnumber bold and honest scientists; they circulated the rumor that de la Mettrie was able to arrive at such views only because he was a “libertine.” And thus the rumor was passed on to posterity that de la Mettrie died from a pastry which, in true voluptuary fashion, he had consumed too voraciously. This of course is medical nonsense. More than that, it is a typical example of plague-afflicted rumor-mongering which, when seized upon by human organisms incapable of pleasure, becomes a specific plague reaction and is passed on to posterity, defiling, without rhyme or reason, a decent name. We readily recognize the catastrophic role played by such plague reactions in social life.

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